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T.7J : Vous attendiez-vous à ce que "Ally McBeal" soit un succès mondial ? C.F : J'ai toujours aimé l'intrigue de cette série. Mais un bon scénario n'entraîne pas automatiquement le succès. Ally a toute ma reconnaissance : grâce à elle, j'ai un nom dans le milieu. Venez-vous d'une famille d'artistes ? Non. Mon père, Ronald, était directeur d'une administration. ma mère, Kay, institutrice. Tous deux ont pris leur retraite. Mon frère ainé, Gary, est dans les affaires. Je suis la seule à avoir choisi une carrière artistique, ce qui n'a pas toujours été facile : on a essayé de me décourager mais j'ai gardé la foi. Quand avez-vu su que vous vouliez exercer ce métier ? Je n'ai jamais envisagé une autre profession. Petite fille, je passais mon temps à inventer des histoires et à créer des personnages : jouer la comédie a toujours été une vocation. En 1988, mon diplôme de théâtre en poche, décroché à l'université de Rutgers dans le New Jersey, je suis partie pour New York. Mon premier chèque, je l'ai reçu pour ma figuration dans le feuilleton "Amoureusement vôtre". Mais mon but n'était pas la télé. C'était le théâtre à Broadway. Avez-vous rapidement atteint vos objectifs ? D'abord, j'ai obtenu beaucoup de petits rôles, mais l'essentiel pour moi était d'être sur la scène. Mon bonheur était tel que le reste n'avait aucune importance. Pourtant, j'ai connu des moments difficiles. Sans un dollar en poche, j'ai fait des petits boulots pour survivre. Je ne voulais pas l'aide de mes parents. Un jour, mon frère, apitoyé, m'a envoyé un carton de raviolis en boîte : j'ai dû en manger pendant un mois. Quel a été le tournant de votre carrière ? Lorsque j'ai obtenu le rôle de Laura dans "La Ménagerie de verre", de Tennessee Williams. J'ai joué, ensuite, avec Robin Williams dans la version américaine de "La Cage aux folles". J'incarnais la future épouse de son fils. Ma carrière s'est poursuivie au théâtre dans "Les Trois Soeurs", de Tchekhov, avec Amy Irving. Puis, un jour, une amie m'a conseillé de me présenter à l'audition de "Ally McBeal". J'ai eu raison de l'écouter : ce rôle d'avocate, passionnée et compliquée, était pour moi. Quelles relations avez-vous avec les autres comédiens de la série ? Sur le plateau, l'ambiance est excellente. Tout le monde s'entend bien et c'est une chance car nous sommes amenés à cohabiter dix à douze heures par jour. Lorsqu'on tourne une série télé, il faut avoir un peu l'esprit de famille. Nous en sommes à la deuxième saison de "Ally McBeal". Courtney et Lisa Nicole sont comme des soeurs. Je suis toujours contente de les revoir le matin comme on retrouve ses copines d'école. Que feriez-vous si la série devait s'arrêter ? Rien n'étant gagné d'avance, je pense souvent au futur. En ce moment, j'ai du succès, mais tout peut s'arrêter brutalement. Si cela arrivait, je retournerais au théâtre. J'aimerais aussi avoir un enfant, fonder une famille mais je n'ai pas encore trouvé l'homme idéal. Difficile de réussir sur tous les tableaux. Henry Arnaud. |