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Article paru dans Télé Câble Satellite Hebdo ( 21 Février 2000).
Ally passe à l’acte Le baiser torride entre Ally et Ling donne le ton de la troisième saison d’Ally McBeal. David E. Kelley, l’auteur de la série, de plus en plus politiquement incorrect, se joue de tous les tabous. Lucy Liu s’impose comme un personnage essentiel. "Ally va oser des choses dont elle ne faisait que fantasmer jusqu'à présent". Ces propos de Calista Flockhart résument l’esprit de la troisième saison d’Ally McBeal dont Téva entame cette semaine la diffusion. Une saison qui fait encore plus fort pour reculer les limites du "politiquement correct" à la télévision. Et qui commence sur les chapeaux de roue. En effet, au cours du premier épisode, on verra Ally faire une rencontre sexuelle torride dans un tunnel de lavage de voiture et briser un mariage ; on verra la pulpeuse Renée (Lisa Nicole Carson) quitter son poste de substitut du procureur pour ouvrir un cabinet d’avocat avec la troublante Whipper Cone (Dyan Cannon) et passer en revue des candidats secrétaires en leur demandant de montrer leur pectoraux ; on verra Fish (Greg Germann) et Cage (Peter Macnicol) se lamenter de leur peu de succès au lit avec leurs amies respectives ; on verra Billy (Gil Bellows) tenir un langage de plus en plus macho et susciter des regards ébahis de la part de Georgia (Coutney Thorne-Smith). Le deuxième épisode n’est pas moins coquin, puisque Cage apprend que la blonde Nelle (Portia de Rossi) rêve de... recevoir une fessée tandis qu’Ally et Ling (la désarmante amie de Fish) sont toutes deux prises d’une irrésistible envie de... s’embrasser. Un baiser qui a fait beaucoup parler "Ce baiser entre Ally et Ling a beaucoup fait parler aux Etats-Unis, raconte Vonda Shepard, l’auteur de la BO d’Ally McBeal, elle-même actrice dans la série. Mais il n’a pas vraiment choqué : nous vivons dans une époque assez libérale - et l’opinion publique était préparée à une telle scène. Et puis, ce baiser est tourné de façon très élégante, presque artistique". Ce que confirme Lucy Liu l’interprète de Ling : "Calista et moi nous nous sommes amusées comme deux gamines en tournant ces scènes. Le plus drôle était le regard des techniciens. Il y avait un silence de mort sur le plateau et chacun essayait de voir nos réactions". On le voit, le producteur et scénariste David E. Kelley ne recule devant aucune audace. Mais Ally McBeal reste une série grave, interpellant la société américaine sur les non-dits, les inhibitions et les hypocrisies qui entourent le sexe. Son thème central n’est pas le marivaudage, mais la solitude affective. Toutes ces histoires traitées sur le mode comique sont finalement amères, ce qui les rend encore plus proches de nous. David E. Kelley auteur en série Récompensé l’an passé par deux Golden Globe, l’un pour The Practice, l’autre pour Ally McBeal, David E. Kelley était invité au Festival de télévision de Monte-Carlo où il s’est vue remettre la Nymphe d’or d’honneur pour son œuvre. Toujours sur la brèche, l’époux de Michelle Pfeiffer prépare pour la rentrée sa sixième série, The Faculty. Comment cet homme, qui accouche d’un nouveau scénario tous les quatre jours, a-t-il trouvé le temps de se rendre à Monte-Carlo ? "J’avais emporté du travail dans l’avion", nous a-t-il répondu... Interview David E. Kelley : Est-ce que vous suivez la carrière de vos séries en Europe ? - "Je ne sais pas grand-chose à ce sujet. J’ai beaucoup de mal à croire que mes séries soient diffusées dans le monde entier !". Combien de séries différentes pouvez-vous mener de front ? -" Je n’écris pas tous les épisodes... J’écris la plupart des épisodes ! Je me concentre sur Ally McBeal et sur The Practice. Pour les autres séries, Chicago Hope, par exemple, je me borne à superviser. Je dispose d’une équipe d’excellents scénaristes pour The Practice. Pour Ally, la liste des "codes" est si compliquée qu’il me faudrait des heures pour la transmettre à des collaborateurs". Savez-vous de quelle manière vous conclurez cette saga ? - "Pas précisément. J’ai quelques principes généraux. Tel épisode peut m’amener à en imaginer un autre. La réaction des comédiens peut me conduire dans une nouvelle direction". L’un de vos "signes particuliers" est votre créativité dans le registre de la sexualité. Après le baiser entre Ally et Ling dans "Ally McBeal", que mijotez-vous ? - "L’inspiration commence à me manquer. Il est difficile de se renouveler dans ce domaine...". Comment voyez-vous la télévision du 21ème siècle ? - "Mon Dieu, avec autre chose que des Roue de la fortune... L’avenir, c’est Internet, c’est la télévision interactive dans laquelle chaque abonné composera lui-même son menu. Mais je ne saurais vous dire exactement quel retentissement cela pourra avoir, par exemple, sur l’art de raconter une histoire". Quelle est la série qui a marqué votre jeunesse ? - "Les premières séries qui m’ont conduit à penser que la télévision pouvait être un noble instrument, c’était All in the Family et Hill Street Blues. Aujourd’hui, quand j’ai mis les enfants au lit, je ne tiens plus debout et je me mets au lit moi-même...". Alors vous ne regardez pas "Sex and the City" ou "The Sopranos"... - "Je suis fan de The Sopranos ! C’est la seule série que je puisse regarder à un moment où je ne suis pas épuisé. J’aime bien aussi West Wing (sitcom sur la Maison Blanche, Ndlr)". Un mot sur ce qui vous sert de conclusion. Bochco a son père avec son violon, et vous... - "Oui, c’est vraiment ma grand-mère dans son fauteuil à bascule. Mais quand elle tombe, ce sont des images de synthèse, rassurez-vous ! C’est aussi sa vraie voix quand on l’entend pester. Elle est morte en août dernier, à l’âge de cent ans". Lucy Liu, la drôle de dame Engagée à l’origine pour une apparition dans Ally McBeal, Lucy Liu a finalement signé pour quatre épisodes l’an passé avant de devenir l’un des personnages clés de la série. Cette année, elle est omniprésente dans la troisième saison où elle noue dans le deuxième épisode une relation ambiguë avec Ally. Son personnage de femme dominatrice et décidée, elle le défend avec fougue : "J’adore Ling car elle est drôle et on ne s’ennuie jamais avec elle. Les gens qui la prennent pour une "salope" ont tort car ses provocations ne représentent qu’une partie de son caractère. C’est une fille beaucoup plus complexe que cela". Une image qui, dorénavant, colle à la peau de l’actrice : "Les hommes sont impressionnés par Ling Woo et, lorsqu’un homme me rencontre pour la première fois, il s’attend à ce que je réagisse comme elle. En fait, ils veulent que je sois dure avec eux. Cela doit les exciter". Philosophe, Lucy sait tirer partie de cette situation : "Maintenant, Ling me permet d’être tranquille lorsque je suis seule dans la rue ou dans une boutique. Personne n’ose venir m’importuner". Mais par dessus-tout, Ling a lancé la carrière de Lucy Liu. Après avoir tourné avec Antonio Banderas et Woody Harelson Play it to the Bone et Shangaï Noon, avec Jackie Chan, elle a décroché le rôle d’une des Drôles de dames au côté de Cameron Diaz et Drew Barrymore dans l’adaptation cinéma de la série par Joseph Mc Genty. Article communiqué par Michaël
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